Prise de fonction : les 100 premiers jours se jouent sur l'écoute
Une prise de fonction met sous pression. On veut prouver rapidement qu'on est le bon choix. Alors on arrive avec un diagnostic, une feuille de route, des décisions. Et on se coupe, sans le voir, de l'information qui aurait rendu ces décisions justes.
Le piège de la preuve rapide
Les premières semaines, tout le monde vous observe. La tentation est de répondre par l'action : réorganiser, arbitrer, annoncer. Le problème n'est pas l'action, c'est son timing. Une décision prise avant d'avoir compris les rapports de force réels se paie plusieurs mois plus tard.
Ce que j'invite à faire pendant les 30 premiers jours
Le travail consiste à cartographier avant d'agir. Concrètement :
- Rencontrer chaque membre de l'équipe en individuel, avec les mêmes trois questions pour tous.
- Repérer l'histoire du poste : qu'est-il arrivé à votre prédécesseur, et qu'en a retenu l'équipe ?
- Identifier une ou deux décisions rapides, visibles, peu risquées, qui montrent votre façon de fonctionner.
- Nommer explicitement ce que vous ne changerez pas tout de suite. C'est aussi rassurant qu'une annonce.
Le rôle du coaching
Dans un coaching de prise de fonction, nous travaillons ce que vous ne pouvez dire ni à votre équipe ni à votre direction : les doutes, la fatigue, les scénarios que vous n'osez pas encore poser à voix haute. C'est précisément ce espace-là qui permet d'arriver clair devant les autres.
Votre légitimité ne viendra pas de la vitesse de vos décisions, mais de la justesse de celles que vous prendrez au bout de trois mois.